jeudi 21 août 2025

Addictions: leur traitement

L'addiction est multiforme et invasive.

Deux classes:

- L'addiction comportementale est l'incapacité à contrôler une activité répétitive malgré ses effets néfastes sur la santé mentale et les risques d'isolement social. 

Il est erroné de dire que dans tous les cas le cortex pré-frontal anticipe spontanément nos comportements en fonction de l'environnement.  

Ce type de dépendance mobilisant les circuits dopaminergiques sous contrôle du noyau accumbens le court-circuite en altérant le discernement rationnel basé sur des choix, la mémoire procédurale se substituant au contrôle de soi.

Elle est encouragée par la pratique commerciale sachant s'adapter rapidement au tempérament compulsif du consommateur et facilitée par la large diffusion volontariste à faible prix d'outils informatiques de communication dotés d'une gamme d'applications discrétionnaires (achats prépayés en ligne, jeux vidéo,loteries..).

Le comble: commercialisation récente sur le marché d'applications pour mobile en vue de limiter son usage. mot clé de recherche: addiction application. 

L'autre forme d'addiction porte sur l'absorption régulière illicite de substances psychotropes (médicaments/drogues) génératrices subsidiairement de troubles du comportement. La mémoire épisodique garde la trace en provenance du système nerveux autonome du pic de bien-être s'atténuant jusqu'au rétablissement de l'homéostasie.

Mettre en œuvre des solutions exige au départ la reconnaissance libre mais non imposée à l'intéressé d'être sous la coupe d'une addiction. Aussi le classement par tranche d'âge est impératif (enfant/adulte).

A) ENFANT

De nos jours, tout enfant mineur doté d'un mobile personnel ou emprunté pourrait interroger vocalement, à l'abri des regards, un moteur de recherche doté de l'I.A. (intelligence artificielle) avec les mots clé "solutions addiction"

Rare démarche: car son égo refuse de se remettre en cause: il peut citer dans son entourage des situations bien pires que la sienne. 

La facilité pour un enfant d'accéder en toute discrétion à tout type de contenu sur Internet grâce aux moteurs de recherche à l'insu des adultes est du au franchissement d'un seuil technologique de la largeur de bande de transmission des réseaux de télécommunication avec les hauts débits (WI-FI avec la 4G, 5G...). Les téléphones 2G n'autorisaient que la voix et les SMS. 

La réglementation protectrice ne peut contrer la commercialisation de l'innovation technologique, source de progrès et ... de revenus. 

L’adolescence s’accompagne de nombreux changements physiologiques perturbateurs dont les contraintes naturelles des pulsions sexuelles. La maturation neuronique à l’adolescence du cortex préfrontal n'étant pas achevée, l'impulsivité prend le dessus sur la retenue associée aux fonctions cognitives.

D'après la publication de l'INSERM en février 2014, lien WEB:

https://presse.inserm.fr/conduites-addictives-chez-les-adolescents-une-expertise-collective-de-linserm/11035

5 % des adolescents en France de 17 ans pratiqueraient les jeux vidéo entre 5 et 10 heures par jour. Cela présume  des conflits à venir pour leur moindre  participation à leur formation scolaire ou à l'apprentissage, génératrice d'échecs et d'incertitude sur leur future indépendance du foyer familial dont ils sont bien conscients. Les pathologies en cas d’usage excessif sont fréquentes et récurrentes: troubles du sommeil, irritabilité.

De même, le cannabis serait le premier produit illicite consommé à l’adolescence. 

Le tétrahydrocannabinol (THC) est un cannabinoïde présent dans la plante de cannabis. Molécule très liposoluble, ses toxines détériorent progressivement la barrière hémato-encéphalique. En bloquant l'action des protéines de type G hétérotrimérique dans le soma des neurones, elles provoquent une hyperpolarisation des terminaisons pré-synaptiques, inhibant ainsi les canaux ioniques et désinhibant  les pompes à potassium. L'usage de cannabis à long terme est souvent associé à un risque accru de schizophrénie.

De façon générale, les risques sanitaires dus à l'absorption de substances psychotropes à composante chimique en agissant sur le système nerveux central sont perçus par les adolescents comme un risque très lointain. 

Ces derniers-ci s’affranchissent progressivement du lien de dépendance aux parents en développant une certaine résistance aux règles établies et se regroupent pour s'affirmer à travers des prises de risque et de défi. La facilité d'acquérir discrètement ces substances permettent la levée de l’inhibition comportementale pour les plus réservés notamment dans les soirées festives à fort volume sonore et obscurité où le geste prime.

Selon l'article 371-2 code du civil

"Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant.
Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur"
.

L'éducation des enfants est un devoir dont la défaillance parentale peut être portée devant les tribunaux.

Initier ses enfants au bon sens est, en leur consacrant du temps, à la portée de toutes les bourses, ne pas en délester la charge sur les grands parents d'une autre culture. 

Tenir un petit enfant dans ses bras ou sur ses genoux (rappel inconscient de l'allaitement) est plus rassurant pour le calmer que de serrer ourson/poupée. Faut-il encore que l'entourage de l'enfant en comprenne la portée!. 

Un enfant dans sa poussette est plus observateur que l'adulte qui est capable de découpler organe des sens avec celui du lobe frontal ...L'enfant en connaît donc ses faiblesses et sait en user.

Quelques recommandations à l'adresse du détenteur de l'autorité parentale:

- Pratiquer en famille des jeux de stratégie de résolution de plus en plus difficile nécessitant le silence absolu pour accélérer la maturation du cortex préfrontal par la concentration: le jeu d'échecs étant privilégié. 

- Les sensibiliser dés le plus jeune âge à la notion de probabilité avec des exemples concrets tirés des mathématiques pour limiter les risques dans les jeux de hasard ou loteries, la perte répétitive profitant toujours à son créateur (montant faible de la part => nombre important de participants => gain élevé pour l'unique gagnant). Ils pourront plus rapidement faire appel à un tableur, un logiciel qui intègre des fonctions mathématiques étendues, pour gérer leurs dépenses.

- Prendre le temps d’illustrer sur place les techniques du marchandising dans les rayons de supermarché (techniques d'affichage des prix par lot, forme du contenant et prix de vente inchangés avec moins de contenu) pour éviter des achats compulsifs encombrant les placards du domicile familial. 

- Leur faire découvrir la musique classique ou traditionnelle pour élargissement des sensations et pulsations auditives (richesse des rythmes asymétriques loin du deux temps uniforme actuel scandant les boums)  avant l'achat d'un instrument vite délaissé. Participation à une chorale...

- Les inscrire à des colonies de vacances sportives de plein air où ils pourront en outre se faire de nouveaux amis.

B) ADULTE

L'addiction concerne toutes les catégories sociales du plus haut au plus bas de l'échelle en particulier au cours ou à l'issue de réunions festives.

La prise de conscience du lâcher prise devant une pratique addictive ne met pas fin à celle-ci mais induit toujours la perception mentale d'un affaiblissement du surmoi. Ce dernier est compensé par la conviction que la prochaine  mise en situation (le ça) apportera au moins le même  plaisir à travers le système de récompense/renforcement modulé par la dopamine dans le cerveau. Ce n'est pas toujours le cas.

La consultation en permanence du nombre d'abonnés et de leurs "like" sur son mur dans les réseaux sociaux comporte le risque de dévalorisation de son concepteur si ce nombre décroît. 

La dépendance au tabac ou d'alcool relève de la présence d'acétaldéhyde très réactif dans les fentes synaptiques des neurones de l’aire tegmentale ventrale en libérant de la dopamine dans le noyau accumbens après franchissement de la barrière hémato-encéphalique à partir d'un pic plasmique de concentration. 

Quelques recommandations à l'adresse de la personne adulte en état de mal-être par addiction:

- Identifier ses déclencheurs (état anxieux, déséquilibre alimentaire, isolement relationnel...) en se focalisant sur l'évitement de mise en situation. Casser les automatismes doit être le but recherché par substitution avec une autre pratique rigoureusement planifiée.

- Prendre sans tarder une décision unique et ferme d'abandonner la pratique addictive d'un alcaloïde toxique.  A défaut, la rechute est inévitable. A l'issue de quelques mois apparaîtra l'incapacité (anhédonie) à se remémorer les émotions positives en présence du stimulus sensoriel. 

Le cortex cingulaire antérieur, impliqué dans l’auto-génération des comportements par anticipation de la récompense, n'amorcera plus la phase de compulsion prélude à l'addiction par manque de motivation consciente de l'individu. Paradoxalement tous les souvenirs agréables attachés à l'addiction ayant été effacés des structures limbiques, il peut même naître une aversion de l'ancienne pratique issue de son rejet volontaire, par exemple:  ne plus supporter pour un fumeur "repenti"  l'odeur de la cigarette, ne plus éprouver de sensation à la vue d'un paquet de sucreries ou d'une bouteille d'alcool.

Le niveau de dépendance peut être évalué par une série de tests en ligne.

https://www.addictaide.fr/   forum accessible dés l'ouverture d'un compte.

La détérioration de la santé doit donner lieu à une consultation médicale. Elle débute par une écoute attentive et une anamnèse, ensemble des renseignements recueillis sur l'historique médical ou le profil psychologique du patient. Il pourra être complété par la consultation d'un psychologue.

Le mésencéphale (partie supérieure du tronc cérébral) est l’organe principal responsable de la production de dopamine dans le corps humain.

Les personnes ayant un taux de dopamine dans le cerveau plus élevè que la moyenne auraient davantage tendance à rechercher et  poursuivre des conduites dites « à risque ».

La dopamine, présente dans la dépendance aux substances « addictives » (cocaïne, morphine, amphétamines, cannabis , nicotine…), a pour voies principales de projection la voie mésocorticale, la voie nigrostriatale, la voie mésolimbique et interagit sur l'attention, la mémorisation, la régulation des émotions et de la motivation. 

C'est surtout un neuromodulateur à travers le potentiel d'action au sein de l'espace extracellulaire neuronique lors de l'ouverture de canaux ioniques.

Les neuromodulateurs agissent  tantôt par dépolarisation (impulsion positive) , tantôt par hyperpolarisation (impulsion négative) de la cellule nerveuse. Au delà du seuil d'excitabilité après leur sommation à l'entrée du cône d'émergence de l'axone,  un nouveau  potentiel d'action se propage jusqu'à son extrémité. 

Le retour au potentiel de repos s'effectue par l'action des pompes à protons utilisant l'énergie de l'hydrolyse de l'ATP contre leurs gradients électrochimiques.

- Participer à des séances collectives éprouvées d'auto-concentration mentale relaxante (qi-cong...)  

Attention à la pratique des sports basés sur la compétition, néfastes pour retrouver un équilibre émotionnel dont les supporters de clubs professionnels font fi.

- Renforcer l’estime de soi à travers des activités valorisantes (partage de compétences, être membre actif dans des associations caritatives...)  pour réduire la dissonance cognitive entre un stimulus addictif et un manque d'intérêt soutenu par le sentiment essentiel de liberté de choix. 

Le soutien psychologique en participant à des groupes d'écoute rompt l'isolement, réduit le stress mais ne garantit en rien l'abandon définitif d'une pratique addictive. 

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Remarque: Une phobie n'est pas une addiction. Une phobie est une peur récurrente, dont le caractère démesuré est irrationnel, en présence inopinée d'un objet ou d'une situation précise. 

Dans un premier temps l'effet de surprise active l'arc réflexe neurologique du système nerveux central avant d'atteindre le thalamus induisant une conduite brève d'évitement.

L'analyse à postériori de la première mise en situation doit déterminer si oui ou non elle présentait un risque immédiat pour l'homme. 

S'agissant d'un animal (morsures, piqûres urticantes), le niveau d'agressivité de ce dernier ne doit pas être associé à son aspect repoussant, suscitant aversion et dégoût.

Prenons le cas de l'arachnophobie.  Comprendre que la fuite consécutive de l'araignée est un signe de sa peur panique face à un monstre - l'homme !. 

Les araignées sont des prédateurs naturels des insectes nuisibles, contribuant ainsi à l'équilibre écologique.

 Penser mentalement à se voir enlever les toiles d'araignée avec une brosse de ménage dans un souci exigeant de propreté en risquant d'apercevoir une araignée enlèvera l'effet de surprise. 

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webmaster/directeur de publication: Dany Wide chercheur indépendant

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