jeudi 21 août 2025

Addictions: leur traitement

L'addiction est multiforme et invasive.

 Cette étude traite en première partie de l'ancrage d'une addiction, des effets recherchés des substances psychoactives selon leur classement, des prédispositions comportementales à leur consommation, évoque le parcours diversifié du sevrage médical et propose des mesures simples de renforcement cognitif d'évitement.

La seconde partie fait appel aux neurosciences pour entrevoir notamment en cas de surdoses même occasionnelles l'impact irrémédiable sur la santé des psychotropes en dépit de la libération régulatrice des neurohormones et de la pharmacologie. La notion de récepteur synaptique ne peut pas être écartée de l'exposé malgré sa complexité.

En appendice figurent quelques adresses internet (U.R.L.) sélectionnées par l'auteur de structures universitaires et administratives traitant du sujet. 

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La dépendance addictive s'inscrit au sein d'une habitude comportementale conditionnée par le craving  (de l'anglais : « désir ardent, appétit insatiable »).

Pulsion non prévisible, le craving véhicule un besoin irrépressible de consommation d'un même produit psychoactif et sa recherche ou encore l'exécution non réfrénée d'un comportement en pleine conscience ou non. C'est un marqueur observable de la dépendance pathologique en réponse aux motivations individuelles face à une mise en situation déjà vécue. 

Les stimuli visuels ou olfactifs associés à l’usage de substances sont capables d’induire du craving, phénomène qualifié d'indices prédictifs (cue) d'une addiction. 

Il est donc aisé par la simple observation du comportement d'une tierce personne  en présence du contenant d'un psychotrope licite (bouteille d'alcool, paquet de cigarettes, boîte de chocolats ...) mais aussi ...l'étui de téléphone portable, si elle atteinte de craving ou non. 

Cette perte de contrôle que l'on peut qualifier de déviance psychologique laisse présager un mal-être intérieur compliquant les relations avec son entourage. De plus, cette personne pourrait s'exonérer de son manque de contrôle en le reportant sur autrui par le partage impératif d'un psychotrope.

Abréviations: système nerveux central (S.N.C.) - cerveau et moelle épinière- / système nerveux périphérique (S.N.P.) -nerfs sortant du cerveau et de la moelle épinière - / système nerveux autonome (S.N.A.) - une division fonctionnelle du S.N.P. comprenant  le système nerveux entérique (S.N.E.) situé dans la paroi du tube digestif, contrôlant de manière autonome les fonctions digestives -. 

I-1 Encrage d'une addiction: la mémoire émotionnelle

La mémoire émotionnelle est la capacité fonctionnelle du cerveau à encoder, stocker et rappeler des expériences associées à des émotions. Elle fait appel au système nerveux sympathique.

Les substances psychoactives affectent différemment les perceptions, les émotions et les comportements. Leur recherche et consommation ponctuelle ou régulière répondent à des motivations allant du plaisir festif par exemple dans les rave-party en plein air (rave = délire en anglais) - le renforcement euphorique étant recherché avec la cocaïne - à la réponse à un pic de stress (tranquillisants comme l'alcool). 

L'homéostasie, équilibre dans l'organisme entre fonctions physiologiques involontaires (fréquence cardiaque, digestion, respiration, tension artérielle) est sous l'action régulatrice du S.N.A. relié au S.N.C . par ses fibres viscérales, intégrant les voies du système nerveux sympathique détaillées ci-dessous.     



 La régulation de la sécrétion hormonale est en synergie avec le système nerveux sympathique par l'intermédiaire de boucles de rétrocontrôle, garantissant ainsi l’homéostasie de l’individu.

L’axe hypothalamo‑hypophyso‑surrénalien est pourvu de ce dispositif.  La libération de l'hormone ACTH produite par l'hypophyse à destination des glandes surrénales endocrines aptes à sécréter du cortisol est dépendante de celle de l'hormone CRH libérée par l’hypothalamus à destination de l'hypophyse. 

De façon générale, l’hypophyse coordonne la croissance, le métabolisme, la reproduction, la réponse au stress tandis que l’hypothalamus relie le système endocrinien avec le S.N.A. sous le contrôle de l'hypophyse.

Le thalamus joue un rôle de relais sensoriel, transmettant les informations visuelles, auditives ou tactiles à l’amygdale pour encodage de la trace émotionnelle du souvenir, tandis que l’hippocampe en précise la séquence contextuelle et la stabilise, sa consolidation dans la mémoire procédurale pouvant activer le cortex moteur lors d'une mise en situation analogue sans transiter par le centre de la décision volontaire du cortex préfrontal  (réflexes conditionnés). 

Si la valeur émotionnelle du dernier souvenir de la prise d'un psychotrope est en correspondance avec ses effets recherchés (stimulant/antidépresseur) pour compenser une phase de déséquilibre de l'homéostasie, sa recherche sera effectuée consciemment. Si le psychotrope est à portée de main, la surréaction instinctive pour y remédier est sa consommation immédiate.

Le comportement addictif dans le craving l'emporte sur l'évitement volontaire même en toute connaissance de ses effets négatifs sur la santé et sur l'estime de soi.

Les perturbateurs endocriniens externes modifiant les récepteurs hormonaux, le stress chronique, une alimentation déséquilibrée perturbant le microbiote intestinal et le manque de sommeil sont reconnus pour altérer l'homéostasie de l'organisme, le principal marqueur étant le cycle circadien (*).

Les effets occasionnels recherchés à faible dose d'un psychotrope interférant avec la régulation de l'homéostasie par rétroaction du S.N.A. ainsi que du système endocrinien ne peuvent compenser entièrement son déséquilibre, à fortiori les surdoses par réflexe bien établi de l'addict.

(*) Le cycle circadien est un rythme biologique d’une durée d’environ 24 heures qui régule de nombreuses fonctions physiologiques et comportementales sous le contrôle de l’hypothalamus.

Une révision du mode de vie apte à rétablir au plus tôt l'homéostasie devrait être planifiée et exécutée en même temps que la mise en place d'une stratégie thérapeutique de contournement de l'addiction en pleine conscience de façon à éviter les rechutes. Les souvenirs émotionnels sont durables. La rémission ne sera acquise que par la perte des effets sensoriels du psychotrope dans la mémoire à long terme conduisant à son désintérêt ou sa répulsion. 

Pour cette raison, le craving, phase ultime dans laquelle le réflexe moteur prévaut, peut resurgir plusieurs mois après l'abandon du psychotrope en présence du même contexte motivationnel.

Deux exemples: 

-En réponse au stress de déséquilibre du microbiote, le désir irréfréné de chocolat au lait et sa consommation en raison de sa forte teneur en sucre et en graisses ainsi que de la présence de composés comme la théobromine, amine inhibitrice de la recapture de la noradrénaline dans le système nerveux sympathique.

-Pour garder le tonus lors d'une idée fixe, fumer cigarette sur cigarette de façon machinale. 

I-2 Effets recherchés des substances psychoactives

Ses effets sur le système nerveux en cas de surdose sont extrêmement variables selon leur classement en trois catégories principales, sans tenir compte de leur caractère licite:

1. Les hallucinogènes: cannabis, ecstasy provoquant une altération de la perception. 
2. Les dépresseurs: sédatifs pharmacologiques (morphine), alcool, protoxyde d’azote (effet euphorisant à faible dose), héroïne, opioïde exogène.
3. Les stimulants énergétiques: caféine, théine, sucre, nicotine, cocaïne.

Ces substances peuvent être conjuguées comme le couple alcool tabac. 

Certaines peuvent être endogènes: Le système limbique comprenant le groupement thalamus/hypothalamus contrôle la libération de l'endorphine dans les S.N.C. et S.N.P., un neuropeptide opioïde endogène produisant des effets de régulation de la douleur similaires à la morphine, opioïde exogène. 

I-3  Prédispositions comportementales 

La motivation conduisant pour un individu à la consommation d'un produit psychoactif à effets dose-dépendant  s'inscrit dans le contexte social et la conjoncture économique.

Préambule: la connectivité numérique

Le secteur commercial des outils digitaux est en constante progression avec un éventail élargi d'applications non supportées par les anciens équipements moins performants. 

En ligne sur le WEB, le confort visuel de la lecture textuelle sur écran nécessite un paramétrage technique, au minimum la taille de police de caractères car, pour accéder aux rubriques, il faut activer leurs liens internet dans la page d'accueil.

La lecture textuelle littéraire sur support papier, toujours disponible en continu, ne présente pas cet inconvénient. Elle est indépendante d'une connexion numérique et est dispensée d'écran à filtres de lumière bleue. La trace mnésique de fragments de son contenu (phrases clés) s'inscrit plus facilement dans la mémoire de consolidation du néocortex via l'hippocampe lors de la phase de sommeil paradoxal, restructurant les connaissances.  Elle est le socle des croyances religieuses de notre époque.

La mémoire sensorielle sollicitée en permanence lors de la consultation de courtes vidéos en mode doomscrolling générées par les algorithmes de recommandation avec publicités invasives conduit à la confusion mentale. La cible commerciale addictive principale est la population des moins de 27 ans. 

L'aide sémantique logicielle anticipant la saisie de caractères accélère la rédaction d'un texte. Les fautes d'orthographe par la loi du moindre effort lors de la saisie sur écran/clavier s'inscrivent plus facilement dans la mémoire sémantique que leur correctif et se retrouvent progressivement dans l'écriture textuelle. 

La tendance actuelle va dans le sens de la restriction de transmission des données sur support papier dés la détention d'un compte abonné (moindre coût, format numérique permettant leur intégration dans les bases de données consolidées pour être partagées entre opérateurs). 

L'ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021 généralise la facturation électronique dans les échanges entre entreprises assujetties à la TVA établies en France. Le déploiement sera progressif (article 91 de la loi de finances pour 2024).

Les réseaux sociaux et l'addiction aux interfaces numériques 

Elle n'est plus sous-estimée quant à ses effets sur le couple comportement violent/dépressif des adolescents.

- Recherche de scores dans les jeux vidéo violents en ligne avec repli sur soi et manque d'empathie. 

- Dévalorisation intime de l'abonné aux réseaux sociaux à travers le nombre de likes ou de courtes appréciations en désaccord avec une recherche optimale de mise en scène.

- Malgré le risque de harcèlement, stress à tout âge de manquer un appel, la connectivité permanente aux réseaux de communication à l'aide de portables devenant une norme sociale (intégration des modes de paiement, documents officiels..) 

Le contexte familial 

Pour échapper à l'autorité parentale, l'adolescent se lie souvent -statistiques à l'appui- à d'autres d'une même tranche d'âge sous réserve d'une initiation préliminaire à la prise de drogues (cannabis...). Le secret les lie.

La conjoncture économique, source de dépression

-Crainte pour un salarié de sa mise au chômage pour restructuration ou fermeture prochaine de son entreprise, 

-Pour postuler à un emploi de cadre supérieur sans garantie d'embauche, il est exigé d'avoir suivi un cursus universitaire de plus en plus long, donc coûteux et générateur de stress chez l'intéressé. 

-Pression psychologique croissante de l'encadrement sur les personnes en activité dans le secteur commercial consécutif à un retour global et anonyme de satisfaction client par Internet. Le culte de la performance individuelle peut engendrer la dépression, même dans le sport de haut niveau.

-Excitation collective festive: recherche d'une perte de contrôle lors d'un déchaînement gesticulatoire collectif sur fond de volume sonore intensif et d'éclairs de projecteurs dans l'obscurité (night-club, rave-party ..)

I-3 Sevrage médical (sources VIDAL)

L'article du VIDAL offre  un aperçu des grandes lignes de la prise en charge thérapeutique.

La médication comporte des risques de dépendance et de nombreux troubles secondaires, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) visant à renforcer le contrôle exécutif (cortex préfrontal) devant être dans un premier temps privilégiées. 

Ces dernières, sous la forme de programmes très diversifiés à intégrer au quotidien, sont largement documentées et encouragées par les organismes sociaux de santé dont les mutuelles. 

La pharmacologie

Un messager exogène en se liant à un récepteur post-synaptique peut déclencher son activation de façon similaire à celle de son ligand naturel (fonction d'agoniste) ou le laisser à l'état de repos (fonction d'antagoniste) à la condition pouvoir traverser la barrière hémato-encéphalique. Il en est ainsi du précurseur L-DOPA de la dopamine, cette dernière ne pouvant la franchir, pour le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson. 

Cette distinction sous-entend l'instinct de fuite motrice de l'individu devant le danger puis le retour au calme par autorégulation des voies du système nerveux parasympathique. 

Les médicaments en tant qu'agonistes partiels précurseurs d'un neuromodulateur se lient aux mêmes récepteurs post-synaptiques que la substance addictive dans le S.N.A. atténuant le déclenchement de son potentiel d'action au delà de la barrière hémato-encéphalique sur tous ses effecteurs via le S.N.C en laissant une moindre trace mnésique émotionnelle. 

La varénicline, substance active du médicament Champix par prise orale, réduit le plaisir de fumer en agissant sur l'adrénaline. C'est un agoniste partiel des récepteurs nicotiniques ionotropes de messager endogène l'acétylcholine. 

La consommation de médicaments agonistes partiels couplée à celle de psychotropes peut avoir en cas de surdoses de graves répercutions sur la santé.

Le curare est un antagoniste de l’acétylcholine. En se liant aux mêmes récepteurs, il inhibe le potentiel d'action dans la transmission synaptique de la contraction musculaire, entraînant rapidement la mort.

Le ciblage des récepteurs de substances addictives par la pharmacologie est un prérequis délicat pour la recherche en laboratoire car un même ligand endogène peut être soit inhibiteur, soit excitateur du potentiel d'action selon le type de récepteur post-synaptique et sa localisation. 

La cotransmission, libération par un neurone de deux ou plusieurs neurotransmetteurs différents (acétylcholine et glutamate), doit être prise en compte. L'excitabilité de la membrane post-synaptique dépend de la sommation temporelle des signaux d'autres neurones situés en amont  dans la même voie de signalisation.

En épigénétique, la pharmacogénétique des psychotropes étudie avant la mise sur le marché les effets indésirables des remèdes thérapeutiques à la suite de l'encodage de leurs composants moléculaires par une allèle.

La carbamazépine est un antiépileptique (références! le VIDAL). S'il fixe la concentration du glutamate, il présenterait un risque accru de réactions cutanées sévères pour le patient porteur de l'allèle HLA-B*1502 située sur le chromosome 6. 

Par déduction, la transmission de certains allèles par descendance pourrait présenter la même intolérance à un type de traitement de l'addiction. Aucune étude n'a été réalisée à ce jour pour corréler l'héritabilité du génotype avec  une prédisposition à la consommation des mêmes psychotropes pour la descendance parentale.

Les thérapies cognitivo-comportementales

L'anamnèse est la partie la plus importante de l'évaluation neurologique. Les patients doivent être mis à l'aise en les laissant raconter leur parcours sans interruption. L'abandon du sevrage à cause du mal-être physiologique ne pouvant plus être maîtrisé est hélas fréquent d'où l'importance d'une écoute personnalisée, d'un soutien moral l'aidant à reprendre confiance en soi. 

Les TCC visent à apaiser le stress de l'addict déjà par un mode de vie plus équilibré (sommeil, alimentation..), de nouvelles habitudes contournant les automatismes en présence des déclencheurs sensoriels addictifs (sons, images, odeurs). Un suivi auprès de professionnels de santé (tabacologue..), les témoignages d'anciens addicts sont recommandés.

Acte volontariste ponctuel, la réussite du sevrage nécessite la prise de conscience de la dangerosité immédiate sur la santé de sa pratique addictive et non à terme pour éviter d'en différer sine die son arrêt.

On pourra se focaliser sur le déclencheur de la séquence d’actions encodé dans la mémoire procédurale (sortir son paquet de cigarettes) pour y mettre fin.  Il faut restructurer ses centres d’intérêt pour trouver une occupation motivante et éviter la sédentarité, l'isolement dés les prémices de chaque acte addictif.  Retrouver l'estime de soi est le prélude à la guérison. 

Dans le mois sans tabac en France en 2026, un kit documentaire à l'intention des fumeurs est mis à leur disposition  gratuitement en pharmacie. S'abstenir de fumer 10 cigarettes par jour pendant un an permet d'économiser 2 250€.

I-4 Mesures de renforcement cognitif d'évitement

Outils numériques

Affirmer sa personnalité dans l'usage des outils numériques est devenue à ce jour une norme sociétale au dépit du bon sens: en marchant, saisir du texte parapluie ouvert, ou parler fort en gesticulant en pleine rue ne choque plus personne !. 

Leur usage optimal doit reposer sur une utilisation intentionnelle et consciente: chaque connexion doit résulter d'un choix délibéré (recherche d'informations spécifiques, communication ciblée) plutôt que d'être en attente permanente de notifications sonores. 

Les réponses contextuelles utilisées comme telles de l'I.A. générative déportent la connaissance de l'individu aux data-centers. L'I.A. deep learning est néanmoins une avancée dans le cadre de la recherche fondamentale en liaison avec l'acquis de connaissances de son utilisateur. Elle analyse les publications sur le WEB en relation avec la question posée, en extrait par algorithme la réponse textuelle la plus probable avant sa mise en forme. 

Quant aux outils I.A. conversationnels oraux ciblés (CHAT) se substituant à une personne physique, ils ont l'avantage de la réactivité recherchée mais peuvent aboutir à un dialogue sans fin suivant leur concepteur où le ton de la réponse est toujours maîtrisé. 

Éducation parentale

Renforcer le contrôle parental à la période de l'adolescence, cible commerciale privilégiée des plateformes numériques addictives et des psychotropes illicites est un impératif.

Bon à savoir: Certains opérateurs comme GOOGLE ont intégré dans les paramètres d'un smartphone le contrôle parental personnalisé à travers le compte à surveiller ou, à défaut, l'option générale "définir minuteur "pour les applications WEB (donc internet) par tranche horaire et par jour de la semaine.

Pour prévenir les comportements addictifs, les parents doivent prendre personnellement en charge l'éducation de leurs enfants dés leur naissance, la période de l'adolescence étant généralement émaillée de conflits et de mises au point. 

En effet, rien n'est plus observateur qu'un nourrisson en dehors de son cadre familial. Le nouveau-né veut capter l'attention. A défaut de comprendre le langage, il sait lire l'humeur dans les yeux qui le fixent et réagit par des sourires, pleurs...

Si leur développement cérébral s’achève en grande partie à l’adolescence, les normes éducatives sont déjà bien retranscrites grâce à la plasticité neuronale dans leur mémoire à long terme - filtre sélectif comportemental- comprenant la réponse des adultes à la provocation émotionnelle (cris) pour les contourner. 

Une mesure éducative simple améliorant le développement cortical: un enfant se doit de ranger seul ses affaires après usage suivant les consignes parentales. 

Les séances de sport collectif encadrées, la pratique instrumentale ou vocale ont une vocation éducative complémentaire à celle des parents dés la petite enfance.

La capacité d'analyse par la logique formelle, base de la cohérence du raisonnement, n'est pas encore ancrée à l'adolescence et est déviée depuis peu par l'usage des réseaux sociaux. 

En France, le nombre important de vœux pour la licence de mathématiques à l'université sur Parcoursup ou pour la filière scientifique des classes préparatoires aux grandes écoles est trompeur car il est lié à la demande de personnel dans les secteurs économiques en émergence (exemple la robotique). Des statistiques portant sur le taux d'échecs de ces vœux par tranche d'âge et origine sociale seraient les bienvenues.

Avide de découvertes, l'adolescent souhaite se référer à sa propre expérience en se basant sur l'intuition, mécanisme inconscient de l'intellect censé répondre rapidement au mieux à une mise en situation imprévue. L'effet émotionnel de surprise laisse place à la motivation pour planifier l'action motrice sans l'aide du raisonnement bien utile pour filtrer les comportements à risque de tierces personnes. 

En ce qui concerne les psychotropes, il fait fi des recommandations concernant leurs dangers ou les minimise. Plus leur consommation est précoce, plus le risque d'addiction augmente avec l'âge. 

Les préconisations

L'empathie envers autrui contourne le stress et facilite la réintégration sociale. Donner de son temps dans une association à but caritatif (l'adhésion ne suffit pas!) renforce l'estime de soi. 

A tout âge, la sélection d'activités ludiques collectives doit s'orienter vers les jeux de stratégie (les échecs), de mémorisation graphique (puzzle,images) ou verbale. Ils renforcent la relation intergénérationnelle enfants grands-parents. La seule condition: que leur pratique ne soit pas faite en ligne ou nécessite une batterie électrique alimentant des microprocesseurs. Outre le marché d'occasion, leurs prix d'achat restent modestes face à des offres commerciales de plus en plus originales et esthétiques.

Celles de recombinaison dynamique d'une suite de chiffres/lettres en cours de partie (rummikub...) sollicitent la mémoire associative spatiale bien utile chez les seniors souvent à la recherche d'un objet. Le silence, difficile à obtenir dans les jeux de cartes avec annonces (belote,bridge..), doit être exigé pour la concentration mentale. 

Enfin, les techniques douces de détente corporelle basées sur la respiration (Qi-Gong..) améliorent la flexibilité naturelle du corps tout en apportant la sérénité mentale. La pratique sportive non intensive est conseillée après avis médical. 

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Les mécanismes de l'ADDICTION en NEUROSCIENCES 

Les psychotropes, en se liant aux récepteurs neuroniques spécifiques des neurotransmetteurs agissent sur la  propagation du potentiel d'action dans le système nerveux. Ils peuvent même la bloquer (curare).

II-1 Potentiel d'action avec récepteur ionotrope excitateur

Les dendrites sont des prolongements ramifiés du corps cellulaire d'un neurone (schéma ci-dessus), chargées de recevoir, d'intégrer les signaux à travers la fente synaptique, de les lier aux terminaisons des autres neurones situés en amont. 

Les oligodendrocytes sont des cellules gliales du S.N.C. qui produisent les gaines de myéline isolantes autour des axones. Parcourues par le potentiel d'action, elles  permettent d'augmenter fortement la vitesse de propagation et la fréquence des influx nerveux. 
 

Le potentiel d'action (schéma ci-dessus) se propage le long d'un axone grâce à l'ouverture retardée des canaux K⁺ voltage-dépendants entraînant une hyperpolarisation temporaire de la membrane, ce qui inhibe l'ouverture des canaux voltage-dépendants Na⁺ en réduisant la probabilité de dépolarisation suffisante pour une nouvelle activation.

Quand le potentiel d’action arrive au bouton terminal, il ouvre les canaux voltage‑dépendants de calcium (Ca++ ). Son  niveau de concentration va déclencher par transduction le complexe SNARE opérant la fusion entre membrane pré-synaptique et vésiculaire, puis l'exocytose des molécules du neurotransmetteur dans la fente synaptique. 

note: les signaux excitateurs ouvrent les canaux Ca++, rapprochant par dépolarisation le potentiel membranaire du seuil de déclenchement d'un potentiel d'action (environ -55 mV). A l'inverse, les signaux inhibiteurs ouvrent les canaux Cl⁻, provoquant une hyperpolarisation de la membrane post-synaptique, rendant celui-ci moins susceptible de se déclencher.

II -2 Neurotransmetteur

Le neurotransmetteur (dopamine, acétylcholine, noradrénaline, sérotonine)  est une molécule assurant la transduction d'un signal chimique en un signal électrique.  La biosynthèse des neurotransmetteurs est régulée par catalyse d'un acide aminé à l'aide d'une enzyme (la tyrosine hydroxylase cytoplasmique pour la dopamine, une catécholamine) et de cofacteurs, la réaction chimique étant réversible.

Le neurotransmetteur, après s'être lié aux récepteurs du neurone cible est ensuite stocké, grâce un processus actif de recapture au sein de la fente synaptique, dans les vésicules pré-synaptiques du bouton terminal de la synapse. 

La dopamine 

 Elle est le principal neurotransmetteur participant au contrôle des processus motivationnels de renforcements des comportements addictifs liés au plaisir, à la motivation et à la récompense. 

Sa source est l'aire tegmentale ventrale (ATV) reliée au cortex préfrontal via la voie mésocorticale. 

Les décharges répétées de dopamine conduisent à une consolidation des souvenirs associée à une forte charge émotionnelle par interaction du couple amygdale/hippocampe et renforcent la recherche du stimulus (nourriture, drogue, jeu, etc.). Elles restructurent la transmission synaptique, modulant ainsi la plasticité neuronale en cours de constitution dés la naissance.

Elle est aussi une neurohormone en régulant en dehors du cortex cérébral la sécrétion d'hormones par l’hypothalamus à destination de l'hypophyse, grande pituitaire endocrine, à laquelle il est relié par la voie tubéro-infundibulaire. 

Une hormone est une substance chimique sécrétée dans le sang, biologiquement active, synthétisée dans des glandes endocrines richement vascularisées ou dans des cellules endocrines fonctionnelles réparties dans un organe. La cellule endocrine L du côlon libère le peptide YY à destination de l'hypothalamus, inhibant l'appétit.

La cocaïne, un ligand exogène, bloque le transporteur de recapture de la dopamine (DAT). L'augmentation de la concentration extracellulaire de dopamine provoque la sensation d’euphorie intense, d’énergie décuplée, de désinhibition mais ces effets sont suivis peu après de la phase de crash psychique. 

La libération de cortisol, une hormone stéroïde en interaction avec les récepteurs ionotropes à la sérotonine du noyau accumbens par boucle rétroactive de l'homéostasie, est insuffisante pour compenser l'apparition de stress. De plus, du fait de l'accumulation du glutamate par hyperexcitabilité de ses récepteurs NMDA non compensée par le ligand GABA, l'individu a besoin de consommer plus pour retrouver les mêmes sensations, contribuant à la persistance de l'addiction.

Le GABA  acide gamma-aminobutyrique 

Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du S.N.C. en empêchant l'excitation prolongée des neurones par le glutamate sur les récepteurs ionotropes NMDA (N-méthyl-D-aspartate) localisés dans le noyau accumbens et l’amygdale. Un excès de GABA conduit à l’amnésie. 

Ce neurotransmetteur a un effet distinct fonctionnel selon la localisation et structure de ses récepteurs synaptiques -ionotrope GABAa et métabotrope GABAb -et de leur liaison membranaire 

Outre la diffusion inhibitrice des neurotransmetteurs dans le S.N.C -  sérotonine, GABA , acétylcholine - , la production par les glandes médullo-surrénales de la noradrénaline - une neurohormone régulant la réponse au stress dans le système endocrinien -, sont en synergie avec le S.N.A. 

L'acétylcholine (ACh)

Dans le S.N.A., si elle a un rôle inhibiteur sur l'activité cardiaque, au  niveau de la jonction neuromusculaire intégrant les récepteurs de la plaque motrice cellulaire, l'ACh a un effet excitateur conduisant  à la contraction musculaire squelettique. Ses sites de synthèse sont en effet répartis dans différents noyaux allant du cortex cérébral au système parasympathique..

La sérotonine 

Ne traversant pas la barrière hémato-encéphalique, elle joue un rôle crucial en tant que précurseur de la neurohormone mélatonine dans la régulation des rythmes biologiques. 

Un précurseur chimique est un composé initial qui subit des transformations pour produire de nouveaux composés, jouant un rôle clé dans l'orientation et le contrôle de la réaction.

Elle se lie majoritairement aux récepteurs du S.N.E. pour assurer la motilité intestinale au cours du sommeil et en moindre mesure dans le S.N.C. pour la modulation de l'humeur, anxiété, veille-sommeil, réponse à la faim.., ayant un effet antagoniste à celui de la dopamine. 

Un excès permanent de sérotonine dans le S.N.E retranscrit dans le  S.N.C., peut entraîner une altération du microbiote (dysbiose intestinale) et une grave affection  (le syndrome sérotoninergique).

La noradrénaline 

Elle est sécrétée en tant qu'hormone au niveau des glandes surrénales et libérée dans la circulation générale, où elle peut être responsable de la décharge d'adrénaline, en cas de stress ou d'effort intense.

Précurseur métabolique de l'adrénaline, étant liée dans leurs voies de synthèse et de dégradation, elle est également un neurotransmetteur.
Les ligands exogènes bloquent la noradrénaline, responsable de ses effets sur le système cardio-vasculaire, et de la sérotonine dont l'effet est antagoniste à celui de la dopamine. La pratique régulière de l'activité physique augmente la sécrétion naturelle de sérotonine.

En synthèse, toute hyperactivité/hypoactivité d'un neurotransmetteur perturbant homéostasie est à l’origine de divers troubles des principaux organes humains, la coordination entre ses éléments fonctionnels ne pouvant être réalisée par la signalisation du système nerveux.

II-3 La barrière hémato-encéphalique (BHE) 

Elle filtre principalement à l'aide de pompes d’efflux le passage des molécules lipophiles comme les hormones stéroïdiennes (le cortisol non lié à la transcortine,la testostérone... ) à destination du tissu cérébral à l'exception des gaz inhalés dissous dans le sang  (CO2, protoxyde d'azote, nicotine) dont l'effet nocif sur le cerveau est immédiat. Les individus alcoolo-dépendants ont donc un craving plus fort pour le tabac que pour l’alcool. 

Elle bloque les substances potentiellement toxiques et module les variations brutales de concentrations de neurotransmetteurs du S.N.P. hydrophiles vu leur incapacité à franchir la barrière (l'acétylcholine, la noradrénaline et la dopamine). 

II- 4 Récepteurs synaptiques

Le caractère excitateur ou inhibiteur d'une synapse dépend du type de neurotransmetteur libéré par la terminaison pré-synaptique et du type de récepteur sur la membrane post-synaptique.

Il existe 2 familles de récepteurs: ionotropes et métabotropes.
Un neurotransmetteur peut se lier - il porte alors le nom de ligand-  à l'une comme à l'autre. 

Exemple: la sérotonine possède notamment le récepteur ionotrope 5-HT3 excitateur dans le S.N.P., mais aussi le récepteur 5-HT6 inhibiteur dans le S.N.C. couplé à la protéine G. 

Les récepteurs ionotropiques consistent en des canaux ioniques qui s'ouvrent au contact d'un ligand, ce qui entraîne une réponse très rapide. 

Après une stimulation prolongée, le récepteur peut entrer dans un état de désensibilisation, réduisant le flux ionique et entraînant un excès de son ligand dans le cerveau, source de troubles pathologiques (syndrome de la sérotonine...). 

L'effet varie suivant le ligand couplé au récepteur :  Excitation (Glutamate, Acétylcholine, Sérotonine dans le S.N.P.) avec activation des canaux Na⁺ voltage-dépendants versus Inhibition (GABAa avec activation des canaux  Cl⁻  voltage-dépendants dans le S.N.C.).  

Exemple: L'acétylcholine couplée au  récepteur nicotinique (musculaire, neuronal)  provoquant une activation prolongée.  

Les récepteurs métabotropiques sont des protéines transmembranaires. Lorsqu’un ligand se fixe à leur domaine extracellulaire, leur activation déclenche son couplage au niveau intracellulaire avec des protéines G lesquelles, par transduction du signal à l'aide de l'interaction de deux coenzymes de transfert de groupements phosphate vont alors provoquer à l'intérieur de la cellule diverses réactions métaboliques en chaîne ou ouvrir un canal ionique avec effet inhibiteur ou excitateur.

Les récepteurs métabotropiques peuvent se désensibiliser après une activation prolongée, réduisant ainsi la réponse aux neurotransmetteurs ou aux psychotropes agonistes. La prescription d'un médicament antipsychotrope fixe une durée de prises qu'il ne faut pas dépasser. 

Exemples de récepteurs couplés aux protéines G: le récepteur muscarinique de l'acétylcholine, la dopamine, la sérotonine, la mélatonine, la noradrénaline, GABAb.

Le récepteur D4 de la dopamine participe à la pondération des informations de récompense et de risque dans le cortex préfrontal par hyperpolarisation au niveau post-synaptique. 

Le tétrahydrocannabinol (THC), composé psychoactif du cannabis, couplé lui aussi avec les protéines G, se lie avec le récepteur CB1 transmembranaire situé majoritairement dans le S.N.C. Son interaction avec le neurone pré-synaptique réduit la libération de neurotransmetteurs et dégrade la protéine Reelin essentielle dans la dernière phase de développement du cortex préfrontal chez l'adolescent. 

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webmaster/directeur de publication: Dany Wide chercheur indépendant